13 novembre 2012

Saint- Jérôme

 

St-Jérôme

 

  Jérôme de Stridon, saint Jérôme, est né vers 347 à Stridon, à la frontière entre la Pannonie et la Dalmatie   (actuelle Croatie). Il est mort le 30 septembre 420 à Bethléem.  Moine, traducteur de la Bible, docteur de l'Église, il fut l'un des quatre pères de l'Église latine, avec Ambroise de Milan, Augustin d'Hippone et GrégoireIer. L'ordre des  hiéronymites (ou « ermites de saint Jérôme ») se réfère à lui.

Petit extrait de l'anneau de Saint-Jérôme

-     C’est la seule fois de l’année que je peux venir jusqu’ici sans laissez-passer continua Emerande. D’habitude, je suis dans les venelles des bas-quartiers.

-     Pourquoi faut-il un laissez-passer ? demanda Ercilie.

-     Parce que ceux de la ligue ont peur des juifs, des protestants et de tous les mendiants depuis qu’ils ont repris possession du château. Alors, ils enferment les catholiques dans les remparts et empêchent les autres d’y entrer. Mais pour Noël, ils sont obligés d’accorder la liberté de passage.

-     Et pourquoi ?

-     C’est la seule occasion pour les catholiques de s’agenouiller pour baiser l’anneau de Saint-Jérôme et de pratiquer l’aumône devant la cathédrale.

-     Je ne comprends rien ! répliqua Ercilie, ignorante.

-  Lorsque la cathédrale a été construite au siècle dernier, l’évêque qui a lancé les travaux, un certain Guiramand, a voulu lui donner le nom de Saint-Jérôme car il se disait descendant spirituel de ce Saint et avait rapporté son anneau épiscopal lors d’une mission à Rome pour l’étude de ses traductions latines des livres saints. Depuis, ses successeurs conservent précieusement la relique et ne la montrent aux croyants qu’une seule fois dans l’année, à la fin de la messe de minuit. 

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Cathédrale Saint-Jérôme

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  Antoine de Guiramand, évêque de Digne fut à l'origine de la construction de la cathédrale Saint-Jérôme. L'édifice, érigé de 1490 à 1500, est l'œuvre d'Antoine Brollion, maître-maçon à Barcelonnette. Originellement, il comptait une nef centrale de quatre travées accostée de collatéraux sur lesquels vinrent se greffer des chapelles au cours du xviie siècle. De 1846 à 1862, l'architecte diocésain Antoine-Nicolas Bailly lui adjoint une travée supplémentaire et dota la cathédrale d'une façade inspirée du gothique du xiiie siècle. En 1853, le ferronnier d'art Pierre Boulanger réalise toutes les ferroneries et pentures des portes de la façade.

 

Petit extrait de l'anneau de Saint-Jérôme

    Sur les pas de Monseigneur et de ses accompagnants, passant sous l’ogive du portail avec une lenteur pleine de soumission, la foule s’avança à l’intérieur de la cathédrale.

     Arrivée dans la dernière procession mais impatiente de découvrir les merveilles de Saint-Jérôme, la Clermonde avait réussi à se faufiler et à se placer dans les premiers rangs des fidèles pour suivre la traîne de Monseigneur.

      Elle fut émerveillée par les feux de lumières qui éclaboussaient l’intérieur de la cathédrale. Une flopée de candélabres à plusieurs branches mettait en valeur la profondeur et la hauteur de la nef.

       Imitant les paroissiens qui la devançaient, elle trempa ses doigts dans l’eau d’un bénitier en forme de coquille et tenta de se signer maladroitement.

       Le nombre et la puissance des colonnes disposées de chaque côté de la nef la troublèrent. Ornées de feuillages depuis le tiers bas, mettant en avant des statues gigantesques de Saints qui semblaient bénir la foule, les colonnes étaient surmontées de chapiteaux sur lesquels une frise de lierre s’accrochait en spirale.

       Et, en guise de cantique d’introït, le chant du Gloria Patri porté par le son de l’orgue la transporta dans le monde divin.

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Monseigneur

 

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    Sous l’Ancien Régime, les évêques de Digne étaient seigneurs de la ville, suzerains des comtes de Provence.

  Le roman de l'anneau de Saint-Jérôme se déroule en 1599.  Claude 1er Coquelet était alors évêque de Digne depuis 1587  mais  il fut indiqué comme "semper absens" à partir de 1597. Antoine IV de Bologne lui succéda de 1602 à 1615. Son gisant est exposé dans une chapelle de la cathédrale.

 

Petit extrait de l'anneau de Saint-Jérôme

  Curieuse et admirative, la Clermonde vit alors pour la première fois Monseigneur qui sortait sur le parvis entouré par deux prêtres et plusieurs enfants de chœur.  

  Enveloppé dans ses atours, un chaperon d’hermine sur les épaules, le visage surmonté d’une mitre précieuse aux filets d’or, une grande crosse finement ciselée à la main gauche, le geste lent, Monseigneur saisit de l’autre main le goupillon dans le petit seau que lui tendait le premier enfant de chœur. Il adressa alors plusieurs gestes de bénédiction sur la foule agenouillée, occupée à se signer.

  Après avoir reposé le goupillon, il prit la parole pour rompre le silence monacal de son peuple de croyants.

-         Christus natus est. Venite, adoremus.

-     Gloria in excelsis Deo ! répondirent les prêtres qui accompagnaient les pèlerins.

-     Et in terra pax hominibus bonae voluntatis ! reprit Monseigneur avant de se retourner pour pénétrer dans la nef principale de la cathédrale.

      Portée par quatre enfants de chœur, une longue traîne de soie moirée violette prolongeait la cappa magna de Monseigneur.

 

 

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L'anneau

 

 

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Petit extrait de l'anneau de Saint-Jérôme

  Mais relevant légèrement la tête, elle découvrit Monseigneur, juste après le servant suivant.

  De ses deux mains gantées, il tenait l’osculatoire sur lequel reposait la relique qui faisait la plus grande fierté de la cité épiscopale et dont on lui avait tant dit lorsqu’elle troquait ses herbes du côté d’Oyse.

   L’anneau de Saint-Jérôme était enfin à sa portée !

  Exposé en façade de l’osculatoire sur un reposoir de velours rouge, l’anneau d’or de style étrusque était décoré de palmettes en fil torsadé. Une améthyste pourpre cardinal aux multiples facettes était sertie dans un perlé de diamants blancs qui étincelaient.

  Agenouillée, la tête recouverte d’une mantille noire qui lui dissimulait presque entièrement le visage, les yeux mi-clos et les mains jointes, la femme qui précédait la Clermonde approcha délicatement ses lèvres à la rencontre de l’anneau que Monseigneur tendait dans sa direction avec une infinie prudence.

   C’était, pour les pratiquants de Saint-Jérôme, le moment le plus attendu de la messe de minuit avant la visite de la crèche. Chacune et chacun auraient voulu prendre le temps de faire une prière, demander pardon ou formuler un vœu avant de déposer le baiser de la paix sur l’anneau. Mais Monseigneur voulait presser son monde et le signifiait clairement dans un geste sec de retrait de l’osculatoire si le pénitent lui faisait perdre trop de temps.

 

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Le Grand Inquisiteur

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 L’Inquisition était une juridiction spécialisée (autrement dit un tribunal), créée par l'Église catholique romaine et relevant du droit canonique pour représenter l'autorité judiciaire du pape sur une région donnée. Elle était chargée d'émettre un jugement sur le caractère orthodoxe ou non (par rapport au dogme religieux) des cas qui lui étaient soumis. 

Petit extrait de l'anneau de Saint-Jérôme

    Pierre Lespieu était un homme de notoriété au service de Dieu. Surnommé le Bâton du Pape par la hiérarchie de la Sainte Eglise, Rome lui avait confié la mission de Grand Inquisiteur afin de faire respecter le droit canon en Provence. Contrer toute tentative de schisme, faire condamner les hérétiques et pourchasser les sorcières porteuses de la voix diabolique, c’était une très lourde charge dont il s’acquittait avec dévouement depuis plusieurs années !

    Connu par le petit peuple de Provence pour être le Prince des Bûchers, le Grand Inquisiteur tirait sa réputation de la célérité qu’il mettait en œuvre pour expédier les hérétiques et les déviants dans les flammes de l’enfer. Il ne connaissait qu’une seule référence, celle de la ligne imposée par la curie romaine sur laquelle régnait le pape Clément VIII.

 

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Le bourreau

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  Au Moyen Âge et sous l'Ancien Régime, chaque province, chaque bailliage, voire chaque ville, disposait d'un bourreau, exécuteur des basses oeuvres.

 Les conditions de vie des bourreaux n'étaient guère enviables. À la fois craints et méprisés, ils étaient souvent contraints de résider en dehors des villes, vivant en parias et exerçant fréquemment des métiers en rapport avec les cadavres et la mort (équarrisseur, croque-mort, fossoyeur, etc.). Toutefois, ils jouissaient des revenus de certaines taxes - ainsi du droit de havage et de la possibilité de revendre tout ou partie des corps des suppliciés (plus ou moins légalement) à des médecins et alchimistes selon une tradition qui voulait que la dépouille leur appartienne.

Petit extrait de l'anneau de Saint-Jérôme

 Fin connaisseur des hommes, le bourreau n’avait pas de tanière à lui, par simple précaution ! Car, s’il avait réussi à défier jusque-là toutes les dagues qui avaient été aiguisées dans le seul but de lui trancher la gorge, c’était parce qu’il maniait la méfiance avec le même talent que celui dont il faisait preuve lorsqu’il travaillait la Question.

 Mégy, c’était un nom de pays qu’il avait emprunté pour se faire enregistrer dans les livres d’administration de la Justice du Roi. Louis-Philippe, c’était le nom de sang que lui avait transmis son père dans la lignée des monstres sauvages de toute sa généalogie décadente. Le monstre, le viandard, le charognard, le soudard, le reître, le traître, le renégat, le salopard, c’étaient les surnoms couramment employés par le petit peuple comme par le grand pour évoquer sa cruauté et sa lâcheté.

  Mais pour tous ceux qui, poussés par un mauvais vent du destin, étaient passés par son service au détour de la Question, Oeil de Bœuf, c’était le seul nom qu’ils avaient retenu pour parler de lui dans l’attente de l’écorcher.

 

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La Sénéchale

 

 

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 Le sénéchal était un officier royal qui, sous l'Ancien Régime, exerçait des fonctions d'administration et de justice au Sud de la Loire et dans l'Ouest, équivalant à celle des baillis dans le Nord.

 

Petit extrait de l'anneau de Saint-Jérôme

-     Appelez la Sénéchale pour ordonner les entraves ! hurla le Consul de Digne à l’un des arquebusiers. Nous ne les lâcherons plus.

  Occupée à mouiller le front de Monseigneur pour le réanimer, la Sénéchale Vacogne, passa le manchon de laine à d’autres mains, se déplaça devant le maître-autel, prit le temps d’une génuflexion accompagnée d’un signe de croix avant de se retourner du côté de la nef.

  A petits pas calculés, autant pour faire attendre son monde que pour marquer toute la solennité de sa fonction, elle s’approcha des prisonnières.

  Délicatement, elle resserra son mantelet de laine blanche sur sa soutanelle noire dont les revers, le collet et le bas des manches étaient garnis de soie rouge. Puis, comme elle ne se déplaçait jamais dans les grand-messes sans sa toque bordée de filets d’or, elle ajusta cette dernière sur sa tête pour présider ce semblant de tribunal.

  Elle se tourna alors vers le Consul de Digne pour lui donner la parole.

-  Si nous ne les enfermons pas, elles tenteront encore de se sauver ! plaida le Consul.

 

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Trinitaires

Trinitaires

 

 L'ordre de la  Trinité pour la Rédemption des captifs, dit ordre des Trinitaires ou Mathurins, est un ordre religieux catholique fondé en 1194 à Cerfroid par les Français saint Jean de Matha et saint Félix de Valois, à l'origine pour racheter les chrétiens prisonniers des Maures. C'est la plus ancienne institution officielle de l'Église catholique romaine consacrée au service de la rédemption sans armes à la main.

 Installée sur la colline St Vincent (chapelle restaurée à visiter), la communauté dignoise des Trinitaires a déménagé en 1593 pour occuper un nouveau monastére sur l'emplacement des actuels Hôtels de Provence et de Paris.

 

Petit extrait de l'anneau de Saint-Jérôme

   Les convers n’avaient pas été mis dans la confidence du but de leur travail. Simple main d’œuvre à disposition des moines en contrepartie du gîte et du couvert, il s’agissait d’anciens esclaves chrétiens capturés par les Maures et les juifs de Palestine, rachetés par l’ordre des Trinitaires qui s’était donné pour mission la rédemption des soldats faits captifs lors des croisades au Moyen-Orient. Chacun d’entre eux remerciait quotidiennement le destin, non seulement de ne pas avoir été sacrifié lors de leur captivité mais aussi d’avoir rencontré les frères Trinitaires sur leur chemin de malheur. A leur retour, pour payer la dette de leurs rachats, ils servaient la confrérie avec le respect et la reconnaissance des miraculés pour leurs sauveurs.

  Comme partout en Europe, la noble mission assurée par l’ordre des Trinitaires avait permis à la confrérie de Digne de se voir accorder des privilèges dans ses relations avec le clergé local et cela d’autant plus que le père fondateur de l’ordre, Jean de Matha, était originaire de Barcelonnette. 

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La procession

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Petit extrait de l'anneau de Saint-Jérôme

 Chaque année, de Gaubert, d’Oyse, d’Archail ou des Dourbes, le feu des premières étoiles de la nuit de Noël donnait l’ordre de départ des processions de pèlerins pour ce rendez-vous à Saint-Jérôme. Le flambeau de poing dans une main, l’offrande à Marie dans l’autre, conforté par le chant des cantiques de la nativité, ignorant pour une fois les dangers de la nuit, le petit peuple convergeait fièrement vers le cœur de la cité épiscopale derrière ses gonfaloniers.

 Ceux d’Oyse avaient emprunté le chemin du champ Tercier et s’étaient agenouillés devant la chapelle Saint-Roch des Sieyes pour solliciter, encore une fois, la protection du Saint contre la peste.

 

 

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14 novembre 2012

Notre Dame du bourg

 

 

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  De style roman, ses fondations remontent au ixe siècle. Elle a été bombardée par Lesdiguières pendant les guerres de Religion (1591). Au XVIe siècle le siège de l’évêché fut transféré à la Cathédrale Saint-Jérôme de Digne. Victime de nombreuses attaques et pillages, elle a été rénovée au début du xiiie siècle.

Petit extrait de l'anneau de Saint-Jérôme

   Le Bourg était un quartier à la hauteur de sa réputation ! Une colonie de rats en avait fait son royaume !

   Misérables, les gueux s’entassaient dans un enchevêtrement de baraques sordides, obligés de céder la place à l’occupant pour rejoindre les loges de la peste du côté de Saint-Pancrace.

   On y brûlait régulièrement des carcasses de meubles et de chiens crevés sans effrayer pour autant les rats et les miasmes de la peste !

   Au centre du quartier trônait Notre Dame, l’ancienne cathédrale que le clergé et son chapitre avaient fuie depuis longtemps pour élire domicile dans les ors de Saint-Jérôme.

   Seule survivance encore en activité de ce monument délaissé, le cimetière prenant appui sur les murs de son chevet voyait le nombre de ses abonnés grandir d’année en année. Va-nu-pieds, parpaillots et juifs se disputaient la place!

   Mais, hors les cadavres des pouilleux enterrés à la va-vite en l’absence des sacrements de Rome, le cimetière n’était plus dérangé par les visiteurs de la Sainte Eglise ! Car, prétendait la rumeur à l’intérieur des remparts, les vampires se faufilaient entre les fosses communes ! Et les bons chrétiens de Saint-Jérôme qui en avaient les frissons s’exilaient vers d’autres lieux lorsque sonnait l’heure du dernier adieu. 

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